Comprendre le diabète de type 2 pour le prévenir, le gérer et améliorer votre espérance de vie.
Comprendre le diabète
Le diabète de type 2, souvent qualifié d’épidémie du siècle, représente un défi majeur pour la santé publique mondiale. Affectant des centaines de millions de personnes à travers le monde, cette maladie chronique est marquée par une hyperglycémie persistante. Le diabète de type 2 a des conséquences dévastatrices sur la longévité et la qualité de vie. Comprendre cette pathologie, ses mécanismes et ses impacts est essentiel pour mieux la prévenir et la gérer. Allez, c’est parti !
Qu’est-ce que le diabète ?
Le diabète est une maladie chronique qui se caractérise par un taux élevé de glucose dans le sang (glycémie), appelé hyperglycémie. Ce déséquilibre est dû à un problème d’assimilation, d’utilisation et de stockage des sucres provenant de l’alimentation. En temps normal, lorsque nous mangeons, les glucides se transforment en glucose, qui passe dans le sang. Le pancréas détecte cette augmentation de sucre et sécrète alors de l’insuline, une hormone essentielle qui permet au glucose de pénétrer dans les cellules pour être utilisé comme source d’énergie.
Chez les personnes diabétiques, ce système de régulation ne fonctionne pas correctement. Il existe plusieurs types de diabète, mais les plus courants sont le diabète de type 1 (DT1) et le diabète de type 2 (DT2). Dans le cas du diabète de type 1, aussi appelé diabète insulino-dépendant, le pancréas ne produit plus d’insuline, ce qui empêche le glucose d’entrer dans les cellules. Le diabète de type 2 ou diabète non insulino-dépendant, se développe progressivement et survient suite à un excès chronique de sucre dans le sang, il est souvent lié à une mauvaise hygiène de vie. On utilise le mot diabète de manière générale sans vraiment préciser le type associé mais cela est important car les causes de ces deux maladies sont distinctes.
Différence entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune qui touche principalement les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Dans ce type de diabète, le système immunitaire attaque les cellules bêta du pancréas, responsables de la production d’insuline. Sans insuline, le glucose ne peut pas entrer dans les cellules pour être utilisé comme énergie, provoquant une accumulation de sucre dans le sang. Les personnes atteintes de diabète de type 1 doivent administrer de l’insuline par injection quotidiennement pour survivre.
En revanche, le diabète de type 2 se développe généralement chez les adultes de plus de 40 ans, bien qu’il soit de plus en plus fréquent chez les jeunes en raison des habitudes de vie malsaines. Ce type de diabète est souvent associé à une alimentation déséquilibrée et à un manque d’exercice physique. Pour le diabète de type 2, le pancréas produit de l’insuline, mais les cellules du corps deviennent résistantes à son action. Pour compenser, le pancréas produit alors encore plus d’insuline, ce qui peut l’épuiser avec le temps. Pensez à une serrure rouillée : même si vous avez la clé (l’insuline), elle ne fonctionne pas correctement, et le glucose reste dans le sang, causant une hyperglycémie.
L’une des principales différences entre le diabète de type 1 et celui 2 est que pour le second on peut tenter de le prévenir si on surveille les indicateurs.
Prédiabète : On ne devient pas diabétique (de type 2) du jour au lendemain
Avant de développer un diabète de type 2, il existe une phase intermédiaire appelée « prédiabète« . C’est une situation où votre taux de sucre dans le sang est plus élevé que la normale (glycémie à jeun située entre 1,10 et 1,25 g/L), mais pas encore assez pour être considéré comme un diabète avéré (glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/L).
Cette phase de prédiabète est cruciale ! C’est le moment idéal pour agir et adopter un mode de vie plus sain afin de prévenir le diabète. Plus vous agirez tôt, plus il sera facile d’inverser la tendance. En effet, le prédiabète est facilement réversible, contrairement au diabète, une maladie chronique dont la réversibilité est incertaine et difficile.
Comme nous allons le voir plus loin dans l’article, le diabète de type 2 réduit significativement l’espérance de vie et favorise l’apparition de nombreuses maladies chroniques. Mieux vaut donc réagir dès les premiers signes d’alerte !
Impact du diabète de type 2 sur la longévité
Diabète et vieillissement
Le diabète de type 2 est bien plus qu’une simple question de glycémie élevée. Il agit comme un accélérateur du vieillissement. Les jeunes adultes, souvent convaincus que le diabète ne les concerne pas, négligent les mesures préventives. Cette attitude constitue une grave erreur, car le diabète de type 2 commence à affecter notre corps bien avant que les symptômes ne deviennent évidents.
Tout d’abord, chez les personnes diabétiques, on observe un raccourcissement accéléré des télomères (si vous voulez en savoir plus sur les télomères et la longévité, allez lire notre article dédié). Plus les télomères sont courts, plus la cellule vieillit rapidement jusqu’à entrer en sénescence, c’est-à-dire qu’elle cesse de se diviser normalement. Ce raccourcissement est causé par le stress oxydatif élevé et l’inflammation chronique, caractéristiques du diabète.
Ensuite, le dysfonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques de nos cellules, joue aussi un rôle clé. Chez les diabétiques, les mitochondries produisent davantage d’espèces réactives de l’oxygène, des bombes oxydantes qui endommagent les télomères et d’autres composants cellulaires, accélérant leur vieillissement.
Un autre facteur est la glycation, ce processus par lequel le sucre en excès dans le sang se lie aux protéines, les rendant moins fonctionnelles. Ces protéines glyquées s’accumulent dans les tissus et déclenchent des réactions inflammatoires et oxydantes entraînant le vieillissement cellulaire prématuré et notamment une perte d’élasticité de la peau et l’apparition de rides.
Enfin, le stress oxydatif et l’inflammation poussent de nombreuses cellules, comme les cellules bêta du pancréas, dans un état de sénescence. Ces cellules vieillies sécrètent alors des substances toxiques qui dégradent l’environnement cellulaire, propageant le vieillissement aux tissus voisins.
Comme vous pouvez le constater, le diabète de type 2 et l’excès chronique de sucre dans le sang est un véritable poison pour nos cellules, les forçant à vieillir bien plus vite que la normale.
Diabésité : lien intime entre diabète et obésité
Obésité et diabète de type 2 sont si étroitement liés qu’ils ont donné naissance au terme « diabésité« . Ce concept, qui date de ces vingt dernières années, illustre le rapport étroit entre surpoids et diabète de type 2. Les excès caloriques sont stockés sous forme de sucres et de graisses dans les adipocytes, produisant souvent des hormones inflammatoires. Un déséquilibre entre lipogenèse (stockage des graisses) et lipolyse (élimination des graisses) entraîne une inflammation chronique, prémisse du diabète de type 2. Environ 80 % des obèses développent ce type de diabète, exacerbant les risques de maladies chroniques…
Diabète et maladies chroniques
Le diabète de type II est la porte d’entrée des maladies chroniques, et ses répercussions sur la santé sont multiples et graves. En tant que dysfonctionnement métabolique avancé, le diabète de type 2 affecte divers systèmes du corps, augmentant considérablement le risque de maladies chroniques. Une étude scientifique [2] a montré que la mortalité des patients diabétiques en France est 40 % plus élevée pour les hommes et 70 % plus élevée pour les femmes, par comparaison à la population non-diabétique d’âge équivalent.
Maladies cardiovasculaires
Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité (32 %) chez les patients diabétiques [2]. En effet, le diabète de type 2 use et ronge les vaisseaux sanguins, augmentant ainsi le risque de maladies cardiovasculaires telles que l’athérosclérose, l’infarctus du myocarde et l’artérite des membres inférieurs. Les plaques d’athérome, principalement composées de cholestérol, se forment sur les parois des artères, les durcissant et les bouchant, pouvant mener à des crises cardiaques ou à des amputations. Par ailleurs, le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) est également plus élevé chez les diabétiques en raison des effets délétères du diabète sur les vaisseaux artériels.
Lien entre diabète et cancers
Le diabète de type 2 est également associé à un risque accru de plusieurs types de cancers, notamment du foie (risque accru de 150 %), du pancréas (risque accru de 50 % à 120 % selon les études), de l’endomètre (risque accru de 50 % à 310 %), du côlon (risque accru de 40 % à 140 %), du sein (risque accru de 20 % à 40 % chez les femmes de plus de 40 ans) [1]. Les cancers sont la deuxième cause de mortalité (28%) chez les patients diabétiques [2]. Les mécanismes sous-jacents incluent l’hyperglycémie, l’hyperinsulinémie et l’inflammation chronique, qui peuvent favoriser la croissance des cellules cancéreuses.
Diabète de type 3 (DT3) : Maladie d’Alzheimer
Le diabète est également lié à des troubles neurologiques. Le terme « diabète de type 3 » a été proposé pour décrire la maladie d’Alzheimer en raison de la similitude des mécanismes pathologiques entre le diabète de type 2 et la neurodégénérescence observée dans Alzheimer. Les mécanismes sous-jacents à cette association incluent :
- La résistance à l’insuline : La résistance à l’insuline, une caractéristique clé du diabète de type 2, peut également affecter le cerveau. L’insuline joue un rôle crucial dans la régulation de la fonction cérébrale, y compris la mémoire et l’apprentissage. La résistance à l’insuline dans le cerveau peut contribuer à la dégénérescence neuronale observée dans la maladie d’Alzheimer.
- L’inflammation chronique : Le diabète de type 2 est associé à une inflammation chronique de bas grade (inflammation persistante et de faible intensité qui se produit dans le corps sur une longue période) qui peut également affecter le cerveau et contribuer à la neurodégénérescence.
- Le stress oxydatif : L’hyperglycémie chronique peut entraîner un stress oxydatif, endommageant les cellules cérébrales et favorisant le développement de la maladie d’Alzheimer.
- Le dysfonctionnement vasculaire : Le diabète de type 2 peut entraîner des problèmes vasculaires, réduisant le flux sanguin vers le cerveau et augmentant le risque de démence vasculaire et d’Alzheimer.
Cependant, il est important de noter que le « diabète de type 3 » n’est pas une classification officielle reconnue par les principales organisations médicales, mais plutôt un concept utilisé dans la recherche pour souligner les liens métaboliques entre ces deux maladies.
Si vous voulez en savoir plus sur la maladie d’Alzheimer, vous pouvez aller lire notre article sur cette maladie chronique.
10 conseils et astuces pratiques pour stabiliser voire inverser le diabète de type 2
Sortir du prédiabète ou inverser le diabète de type 2 peut sembler un défi de taille, mais avec des changements de mode de vie simples et cohérents, c’est tout à fait possible. Voici un top 10 des conseils à suivre quotidiennement pour vous aider à reprendre le contrôle de votre santé :
1. Mâchez avant d’avaler
Prenez le temps de mâcher chaque bouchée au moins 12 fois avant d’avaler. Cela permet à votre cerveau de recevoir les signaux de satiété et de plaisir, réduisant ainsi les envies de surconsommation.
2. Repas de 21 minutes minimum
Assurez-vous que chaque repas dure au moins 21 minutes. Ce temps est nécessaire pour que votre cerveau reçoive les signaux de satiété et vous aide à éviter de trop manger.
3. Écoutez-vous : Ne vous forcez pas à finir votre assiette.
Ne vous forcez pas à finir votre assiette. Adoptez le principe japonais du Hara Hachi Bu, qui consiste à manger jusqu’à être rassasié à 80 %. Cela aide à éviter la suralimentation.
4. Commencez chaque repas par des crudités
Les crudités sont riches en vitamines, nutriments et fibres, et ont un indice de satiété élevé. Elles sont à consommer sans modération !
5. Pratiquez la restriction calorique et/ou le jeûne intermittent
La restriction calorique et le jeûne intermittent sont des pratiques qui peuvent améliorer la sensibilité à l’insuline. Par exemple, essayez de réduire votre fenêtre alimentaire à 8 heures par jour et jeûnez pendant les 16 heures restantes. Par ici pour lire notre article sur le jeûne et notre retour sur cette expérience qu’on vous recommande.
6. Raisonnez en indice glycémique (IG)
Privilégiez les aliments à faible indice glycémique pour éviter les pics de glycémie. Par exemple, remplacez le pain blanc ou le pain de mie par du pain complet. En intégrant des aliments à faible IG dans votre alimentation, vous pouvez maintenir une glycémie plus stable, ce qui est crucial pour la gestion du diabète de type 2. Une glycémie bien contrôlée réduit le risque de complications à long terme et améliore votre qualité de vie.
7. Stop aux produits industriels ultra-transformés
Ces aliments ultra-transformés contiennent souvent des quantités élevées de sucres ajoutés, de graisses saturées et de sel. Les ingrédients peuvent provoquer des pics de glycémie et contribuer à la résistance à l’insuline, deux facteurs clés dans le développement et la gestion du diabète de type 2. Utilisez des applications comme Yuka pour scanner les produits et éviter ceux qui sont trop transformés.
8. Activité physique régulière
Suivez les recommandations de l’OMS en pratiquant 150 à 300 minutes d’activité physique modérée par semaine et deux séances de renforcement musculaire. Les recommandations de l’OMS sont les suivantes :
Activité Physique Aérobique Modérée
Au moins 150 à 300 minutes d’activité physique aérobique d’intensité modérée par semaine.
Alternativement, au moins 75 à 150 minutes d’activité physique aérobique d’intensité soutenue par semaine.
Une combinaison équivalente d’activité modérée et soutenue peut également être utilisée.
Renforcement Musculaire
Des activités de renforcement musculaire impliquant les principaux groupes musculaires doivent être pratiquées deux jours ou plus par semaine.
9. Marchez au moins 10 000 pas par jour
Intégrez la marche dans votre quotidien. La marche classique n’est pas considérée comme une activité physique intense, car l’être humain est naturellement programmé pour économiser ses réserves en marchant. Intégrez la marche classique dans votre quotidien et visez au moins 10 000 pas par jour afin de bénéficier de ses effets positifs sur la santé. Voici quelques astuces pour arriver plus facilement à 10 000 pas par jour :
- Évitez les escalators et les ascenseurs : Prenez les escaliers chaque fois que possible. Cela augmente votre activité physique quotidienne et renforce vos muscles.
- Garez-vous plus loin : Lorsque vous utilisez votre voiture, garez-vous à une certaine distance de votre destination pour marcher un peu plus.
- Descendez un arrêt plus tôt : Si vous utilisez les transports en commun, descendez un arrêt avant votre destination et marchez le reste du chemin.
10. Arrêtez les sodas et boissons sucrées
Remplacez-les sodas et boissons sucrées par de l’eau, du thé, du café (avec modération) ou encore de l’eau pétillante. Un fruit entier est bien plus bénéfique sur le plan nutritionnel qu’un verre de jus de fruit (plus de fibres, vitamines mieux conservées, indice glycémique plus faible).
En intégrant ces conseils dans votre quotidien, vous pouvez non seulement prévenir l’apparition du diabète de type 2, mais aussi améliorer sa gestion, et retrouver une meilleure qualité de vie. N’oubliez pas que chaque petit changement compte et que la persévérance est la clé du succès et de la longévité 😉.
Merci d’avoir lu notre article ! Si vous avez des remarques, des questions, ou si un aspect particulier de cet article a suscité votre intérêt, n’hésitez surtout pas à nous en faire part dans les commentaires ci-dessous. Votre feedback est précieux car il va nous permettre de nous améliorer et de vous proposer des articles en fonction de vos attentes, vos besoins.
Sources :
[1] Strickler, H. D., Wylie-Rosett, J., Rohan, T., Hoover, D. R., Smoller, S., Burk, R. D., & Yu, H., « The Relation of Type 2 Diabetes and Cancer, » Diabetes Technology & Therapeutics, vol. 3, no. 2, 2001.
[2] Bonnet, F., « Le risque cardiovasculaire du diabétique : les évidences, » Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine, vol. 202, no. 5-6, pp. 887-895, séance du 15 mai 2018.
[3] Allouche, R., « La Nouvelle Méthode Anti-Diabète, »