retour d'expérience de notre jeûne prolongé de 4 jours
Alimentation

4 Jours Sans Manger : Notre Retour sur le Jeûne

Voici comment nous avons vécu cette expérience et quels ont été les effets sur nos corps.

La descente alimentaire : la phase de pré-jeûne

Suite à de nombreux recherches (reportages, livres, témoignages…) sur les effets du jeûne intermittent ou prolongé, nous avons voulu essayer l’expérience d’un jeûne prolongé hydrique à la maison afin d’aider notre organisme à se détoxifier.

Mais au fait, la détoxification, c’est quoi ?

Il s’agit avant tout d’un procédé naturel visant à éliminer les substances toxiques qui se sont accumulées dans notre organisme. Le foie, l’intestin, les reins, la peau et les poumons sont les principaux organes impliqués dans la détoxification quotidienne du corps. Toutefois, des actions complémentaires comme le jeûne peuvent leur donner un coup de pouce : en mettant l’organisme au repos, le processus de détoxification pourra s’effectuer de manière plus efficace.

Les toxines sont des substances présentes dans notre organisme issues de résidus de notre alimentation ou de la pollution comme les particules fines, les pesticides ou encore les conservateurs. Les toxines sont également des déchets naturels produits par le corps lui-même lors de l’activité métabolique de l’organisme.  En quantité raisonnable, ces toxines sont éliminées sans soucis par notre organisme. Les problèmes arrivent lorsque ces toxines se retrouvent en très grand nombre et qu’il devient difficile pour nos organes de les éliminer : fatigue, troubles digestifs, inflammation de l’organisme ou encore vieillissement cellulaire à l’origine d’un grand nombre de maladies chroniques.

Mais revenons à notre expérience.

Nous avons décidé de jeûner 4 jours pour les raisons suivantes :

  • Nous souhaitions réaliser au minimum 3 jours de jeûne puisque l’on rentre en phase de jeûne prolongé après 72 heures (voir notre article sur le jeûne),
  • Pour des aspects pratiques (contraintes professionnelles), une durée de 4 jours nous semblait adaptée,
  • A priori les effets négatifs, ou effets secondaires, du jeûne s’estompent à partir du 3ème jour de jeûne : nous voulions donc voir l’évolution.

 

La descente alimentaire

A la suite de nos recherches, nous avons pu constater que la descente alimentaire était une étape majeure du jeûne prolongé. En effet, cette phase précédant la période de jeûne à proprement parler a pour objectif de préparer le corps à la réduction de calories et au processus de détoxification.

Pour un jeûne de 4 jours, il est conseillé de faire une descente alimentaire de la même durée (pour des jeûnes de 7 jours ou moins, il est préconisé de suivre une phase de descente alimentaire aussi longue que la phase de jeûne). Voici notre programme de descente alimentaire issu de nos lectures :

  • J-4 : stop aux excitants : café, sucre raffiné, alcool
  • J-3 : stop aux produits animaliers – alimentation à base de produits d’origine végétale uniquement
  • J-2 : stop aux féculents et épices – réduction des sucres lents et limitation des éléments difficiles à digérer.
  • J-1 : stop aux légumineuses et huiles, seuls les fruits et légumes sont autorisés
  • Jour J (dernier repas) : manger des fruits et légumes crus uniquement

Quelques astuces pour garder des petits plaisirs lors de cette phase qui peut se révéler être un peu frustrante : pendant la descente alimentaire nous avons troqué le café contre de la chicorée, une plante sans caféine et au goût plus ou moins similaire à celui du café. Nous avons arrêté la consommation de thé et avons bu des infusions à la place (infusion à base de plantes sans fruits séchés pour éviter l’apport en sucre).

Le jeûne et ces effets

Jour 1 (jeudi 13h à vendredi 13h) :

Rien de particulier à notifier, nous n’avions pas spécialement faim. Pratiquant le jeûne intermittent de manière régulière (16/8 et 20/4), cela ne nous a pas beaucoup surpris. Toutefois (petit spoiler), nous avons ressenti très peu la sensation de faim pendant toute la durée de notre jeûne. Cela nous a particulièrement étonné : nous pensions que nous allions devoir lutter contre nos crampes d’estomac réclamant de la nourriture – que nenni… Nous associons cela peut-être à la descente alimentaire qui nous a permis de réduire nos apports caloriques petit à petit avant le jeûne.

Au cours de la matinée de vendredi, nous avons remarqué, à de nombreuses reprises, de petites fautes d’inattention de notre part. Peut-être un signe que notre cerveau commençait à préserver son énergie pour les choses utiles, plaçant notre capacité de concentration au second plan.

 

Jour 2 (vendredi 13h à samedi 13h) :

Le vendredi après-midi a été assez différent pour nous deux : Florent a connu sa première période de fatigue tandis qu’Audrey avait encore pas mal de vitalité. Toutefois, dès le vendredi soir nous étions de nouveau sur la même longueur d’ondes : sans grande motivation, sans énergie.

Par ailleurs, nous avons commencé à ressentir des douleurs dans le bas du dos, sans trop savoir au début si cela était lié ou non à notre expérience. Après des recherches nous avons compris que notre mal de dos n’était autre qu’un signal nous indiquant que la détoxification était en cours. Victoire ! Au bout de 24 heures nous expérimentions déjà ce pourquoi nous avons voulu faire cette expérience de jeûne.

Au réveil samedi matin, après une nuit un peu agitée (ponctuée de nombreux réveils et d’une élévation du rythme cardiaque – indiquant au passage que notre corps était en état de stress) nous nous sommes réveillés avec la langue complétement blanche. Autre point indiquant que le processus de détoxification était en cours.

Dans la matinée nous nous sommes autorisés une infusion naturelle au thym et nous avons fait une petite balade de 20-30 minutes.

 

L’entrée en phase de Cétose :

Nous avons réalisé des tests urinaires tout au long de l’expérience pour connaître notre taux de cétose dans le sang. Nous avons pu constater que notre taux de cétose dans le sang a augmenté au fil du temps pour se stabiliser. Nous nous sommes contentés de suivre l’évolution de l’intensité de la couleur de l’indicateur en question, indiquant le passage en cétose.

résultats tests urinaires Cétose

 Jour 3 (samedi 13h à dimanche 13h) :

La journée de samedi a été ponctuée par des phases sans énergie suivies de phases avec un peu plus de vitalité. En fin de journée, nous avons eu le courage d’aller faire quelques achats pour la maison. Au retour, Audrey s’est retrouvée clouée au lit, faible avec de la nausée, tandis que Florent a pu installer les achats fraîchement réalisés dans la maison. Samedi soir, rebelote, nous étions de nouveau sur la même longueur d’ondes : sans grande motivation.

Nous avons toutefois passé une meilleure nuit, bien qu’au réveil nos langues étaient toujours aussi blanches.

Nous avons profité de la matinée de dimanche pour aller nous détendre au SPA : jets massant, sauna, hammam, tout s’est très bien passé. Nous avons apprécié ce moment de détente.

Jour 4 (dimanche 13h à lundi 13h) :

Le compte à rebours avant le premier repas est lancé. Tout au long du jeûne, seuls notre tête et notre manque d’énergie nous rappelaient que nous avions sauté des repas, nous devons admettre que nous avons beaucoup parlé de nourriture. C’était peut-être notre moyen inconscient de nous alimenter 😉.

A noter que la fatigue physique durant le jeûne est principalement liée à la déshydratation (bien que nous essayions de boire beaucoup d’eau pour pallier à cela) et à la diminution du taux de sels minéraux dans notre organisme. 

Nous avons passé une très bonne nuit, le rythme cardiaque au repos est revenu à la normale. Malgré cela, bien que nous avions fortement envie de faire un petit footing avant notre premier repas, nous ne nous en sentions pas capables et avons plutôt décider de faire une petite balade de 30 min.

Lundi 13h : FIN du jeûne – mais pas de l’expérience

En résumé, durant ces 4 jours nous n’avons bu que de l’eau (faiblement minéralisée) et une infusion chaque matin. L’eau faiblement minéralisée a pour but de faciliter l’élimination des déchets grâce à la faible concentration de minéraux dans notre organisme. Nous avons ressenti les processus de détoxification de notre organisme : langue blanche, douleur en bas du dos => Objectif atteint !

De manière générale pendant notre jeûne nous avons eu très froid ! C’est pourquoi, le faire en période d’été où les températures extérieures sont plus clémentes pourrait être une bonne solution.

La remontée alimentaire : la dernière phase du jeûne, à ne surtout pas négliger

Nous avons rompu le jeûne avec un jus de fruits et légumes frais (carottes, oranges, gingembre) et nous avons surtout pris le temps de le savourer ! En effet, lorsqu’on rompt un jeûne, il est essentiel d’y aller en douceur car il faut laisser le temps à notre système digestif de se remettre en marche. Lors de la reprise alimentaire, nous avons tout de suite remarqué que nos sens olfactifs et gustatifs étaient décuplés. C’était très agréable de sentir la bonne odeur des aliments : qui aurait cru qu’une carotte pouvait sentir aussi bon et avoir aussi bon goût ?

Par la suite, nous avons mangé, dans une petite assiette à dessert, des carottes fraîchement râpées avec pour assaisonnement du persil, de la ciboulette, de l’ail et un petit peu de jus de citron : Un vrai régal ! Nous avons fini notre repas avec un fruit. Notre déjeuner a duré 1 heure, nous avons bien pris le temps de savourer et de renouer avec les sensations et le plaisir de manger.

Nous avons dîné le soir des crudités et avons introduit progressivement les autres types d’aliments au fil de la semaine :

   Mardi : crudités, fruits et quelques oléagineux

   Mercredi : légumineuses en petite quantité

   Jeudi : céréales

   Vendredi : ajout d’aliments d’origine animale et excitants (café ! 😉 )

L’important lors de la reprise alimentaire est d’y aller en douceur, afin d’éviter des désagréments lors de la digestion qui doit se remettre en marche progressivement. C’est pourquoi nous avons commencé par des aliments faciles à digérer pour finir sur des aliments plus complexes et qui demandent plus de temps à digérer comme la viande. Nous avons aussi privilégié les petites quantités. De toute façon, nous étions assez vite rassasiés. Il est important, lors de cette étape, d’écouter son corps.

 

Ce que nous avons le plus remarqué au cours de cette reprise alimentaire :

  1. Manger, au-delà de nous apporter de l’énergie, est un véritable plaisir.
  2. Nous avons mangé lentement, afin d’apprécier la nourriture et notamment nous prenions plus le temps de mâcher les aliments (les mauvaises habitudes sont toutefois revenues assez vite, au bout d’une semaine finit les repas à rallonge…).
  3. Musculairement parlant, nous avons repris le sport. En début de semaine, on ne vous cache pas que c’était un peu compliqué, mais nos performances physiques sont rapidement revenues à la normale vers la fin de semaine.
  4. Niveau poids nous avons quasiment repris l’ensemble des kilos perdus pendant le jeûne. Voici la courbe montrant l’évolution de notre masse corporelle au cours de l’expérience.
évolution du poids pendant et après le jeûne prolongé

En résumé, nous sommes fiers d’avoir fait ce jeûne de 4 jours et réalisé cette expérience qui nous tenait à cœur. De part les bienfaits sur le corps (la détoxification permet un nettoyage du corps qui vise à réduire le risque de développement de certains maladies), il est fort possible que nous retentions l’expérience. Toutefois nous n’avons pas vraiment programmé de date et ne savons pas encore à quelle fréquence nous voulons instaurer cette routine santé.

Quoiqu’il en soit, les objectifs du jeûne ont été atteints : nous nous sommes détoxifiés et c’est le principal !

Dernier petit point : au bout d’une semaine après le jeûne nous avons remarqué une diminution de notre rythme cardiaque au repos. Nous ne nous attendions pas à observer ce genre d’effet. Nous attribuons cela au jeûne car c’est le seul élément externe à notre routine qui est survenu ces derniers temps. Pour en savoir plus sur l’impact de la fréquence cardiaque au repos sur l’organisme nous avons rédigé un article dédié. 😉

évolution de la fréquence cardiaque avant, pendant et après le jeûne

N’hésitez pas à nous partager vos remarques, questions, envies concernant cet article ou le jeûne de manière générale. 

(Cela pourra nous guider dans le choix de rédaction de nos prochains articles) 

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