Voyage au Cœur de la Longévité : Exploration des Points Communs des Zones Bleues
Dans l’esprit commun, les zones bleues sont connues pour être des zones géographiques où la population vivraient beaucoup plus longtemps que la moyenne mondiale.
Dans les faits, le nom de zone bleue a été créé en 2000 par l’universitaire italien Gianni Pes et le démographe belge Michel Poulain après avoir découvert la zone d’Ogliastra en Sardaigne. Cette zone avait la particularité de présenter une forte concentration d’hommes centenaires.
Par la suite, en 2002, un projet a été initié par la National Geographic Society (USA) pour identifier d’autres zones bleues dans le monde.
A ce jour, principalement 4 zones sont reconnues (ce nombre peut varier en fonction des études) :
- l’île d’Okinawa au Japon,
- la province d’Ogliastra en Sardaigne,
- la péninsule de Nicoya au Costa Rica,
- l’île d’Ikaria en Grèce.
Ces zones géographiques sont qualifiées de zones bleues de part, bien sûr, la longévité exceptionnellement élevée de leur population mais également parce que ces zones représentent des lieux géographiques homogènes où la population partage un mode de vie et un environnement commun.
L’Art et la Science de l’Identification des Zones Bleues
L’identification des zones bleues se fait au travers d’études qui collectent, analysent et synthétisent l’ensemble des données disponibles en termes de naissance et de décès pour une région donnée. Durant ce process, l’un des points clef est la validation des données en vérifiant notamment l’âge exact des personnes décédées ou considérées comme extrêmement vieux dans cette zone dans le but d’écarter les âges mal rapportés ou exagérés, ne reflétant donc pas la réalité.
La recherche des zones bleues et l’étude du mode de vie de ces populations aident à l’identification des facteurs impactant la longévité des individus. Le retour d’expérience issue de ces zones particulières met ainsi en évidence la ligne de conduite à suivre pour atteindre l’âge remarquable de cent ans, en bonne santé. En effet, les personnes vivant dans ces zones bleues ne présentent pas seulement une longévité exceptionnelle, ils sont aussi en bonne santé et gardent leur indépendance !
A la suite des différentes recherches, les scientifiques ont pu identifier plusieurs facteurs contribuant à accroitre la longévité des personnes :
- l’alimentation,
- l’exercice physique,
- le lien social,
- trouver une raison de vivre, son but.
Exploration des Zones Bleues et de leurs Secrets
L’Ikaria en Grèce
L’île d’Ikaria en Grèce est connue dans le monde pour la longévité exceptionnelle de ses résidents et leur faible taux de maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, cancers, diabète de type 2, maladies neurodégénératives).
Cette île, située au milieu de la mer Icarienne, a la particularité d’être isolée du reste de la Grèce. La cuisine (cuisine icarienne) y est traditionnelle, à base de produits frais et naturels issus des cultures de l’île.
La cuisine icarienne est fondée sur l’utilisation d’une grande variété de légumes (plus de 150 espèces poussent sur l’île), d’huile d’olive, de petites quantités de produits laitiers et de viande ainsi qu’une consommation modérée d’alcool. Les aliments principaux sont les pommes de terre, le lait de chèvre, le miel, les légumineuses, les légumes verts, des fruits et quelques poissons.
Les habitants de l’île d’Ikaria ont pour habitude de partager les repas en bonne compagnie et de prendre le temps de manger et savourer ce moment de partage. Ces moments font partie intégrante du mode de vie des Icariens.
Les habitants de l’île aiment beaucoup pratiquer la sieste, ce qui leur procure un moment de détente dans la journée, leur permettant ainsi d’éviter les fortes doses de stress.
L’île Okinawa au Japon
Des recherches sur le mode de vie des Japonais vivant dans la région d’Okinawa ont permis de mettre en évidence les points suivants.
Les résidents de la région d’Okinawa, ont tous une raison de vivre : c’est ce qu’on appelle l’ikigai. Chaque individu possède son propre ikigai qui le nourrit au fil des années de sa vie. C’est ce qui permet à chacun de se lever le matin avec enthousiaste pour la journée à venir.
Les habitants de la région d’Okinawa ne sont pas connus pour être des personnes fainéantes. Ils sont constamment occupés et ne se posent pour prendre une pause que très rarement dans leur journée. Les activités qu’ils pratiquent ont la particularité de les garder physiquement actifs. Plutôt que de prendre leur retraite, les habitants continuent de suivre leur raison de vivre, restant ainsi actifs et engagés tout au long de leur vie.
Dans cette région, les relations sociales et la spiritualité sont profondément ancrées. De nombreuses activités se déroulent en famille, consolidant ainsi les précieux liens familiaux qui font partie des fondations de la société locale.
Une autre particularité de cette région, en comparaison avec le reste du Japon, est la quantité de calories ingérées quotidienne par les habitants de la région d’Okinawa. En effet, de manière générale, un Japonais consomme 2068 calories par jour, tandis que les Okinawaïens consomment seulement 1785 calories. Toutefois, leur régime alimentaire reste malgré tout très varié, avec en moyenne 18 types d’aliments différents par jour. Leur alimentation est constituée à 80 % de glucides avec notamment les graines et la patate douce. A cela s’ajoute la consommation de légumes, tofu, poissons et en plus faible quantité, de la viande et des produits laitiers.
La région Ogliastra en Sardaigne
Cette région de la Sardaigne est connue pour regrouper le plus grand nombre de centenaires masculins que nulle part ailleurs sur Terre. C’est une région montagneuse et isolée où le mode de vie est plutôt basé sur l’élevage de moutons et la culture de la terre. De ce fait, ces habitants sont amenés à pratiquer des activités physiques quotidiennes et modérées, afin de s’occuper de leur bétail, cultiver les sols, ou encore marcher entre les vallées.
Le régime alimentaire de la majorité des personnes habitant cette région est celui du berger, basé sur la consommation de pain plat (riche en fibre et glucides complexes) ou pain au levain, de fèves séchées, de fromage de brebis et de vin.
A noter qu’avec l’aménagement des accès vers cette région, la culture italienne s’y est rependue, conduisant à une modification du régime alimentaire de ces habitants. Les pâtes et viandes sont désormais plus courantes dans les assiettes. En parallèle, l’obésité, le diabète et les maladies cardiaques ont augmenté dans cette région. (Nous vous laissons le soin de faire la relation de cause à effet.)
La péninsule de Nicoya au Costa Rica
La vie dans la péninsule de Nicoya n’a pas été facile pour les centenaires actuels de la région. En effet, l’isolement de la région n’a pas aidé au développement de celle-ci, laissant les habitants souvent maîtres de leur destin. Leur alimentation est donc basée sur les aliments qu’ils cultivent et récoltent au cours de l’année conduisant à un régime haut en glucide et faible en graisses. Le riz et les haricots forment la base de leur repas, suivi des fruits comme la banane ou la papaye. En termes de source animale, les habitants de la région consomment principalement des œufs.
De par leur isolement les habitants de la région de Nicoya ont développé un lien social fort où l’entraide et le soutien est le maître mot. La foi et la religion sont également très présent.
L’ensoleillement de la région (source de vitamine D) et la richesse en calcium de l’eau sont autant d’éléments qui participent à la longévité de ces habitants.
Synthèse et points communs
Ces zones étaient avant tout des zones géographiques isolées, où les habitants ont dû s’adapter aux conditions géographiques : zones vallonnées, peu accessibles. Ainsi l’activité physique quotidienne y est obligatoire pour se déplacer entre les villages, emmener le bétail au pâturage ou encore cultiver les terres, permettant ainsi de se nourrir.
Les relations sociales développées ainsi qu’un lien fort au sein de leur communauté sont des aspects importants pour les habitants des zones bleues. Les repas se prennent généralement en communauté et représentent des moments d’échanges et de partages fondamentaux pour leur bien-être.
Concernant l’alimentation, l’un des points communs entre les différents régimes est la faible consommation de viande et de produits transformés. Leurs alimentations, issues de leurs cultures, sont riches en fibre et céréales.
Le mode de vie des habitants des zones bleues est relativement traditionnel, sans grande source de stress grâce au moment de prières ou aux siestes.
Vivre Comme dans une Zone Bleue : Conseils Pratiques pour une Longévité Accrue
Manger sans excès (être en restriction calorique par rapport aux normes culturelles actuelles) : des études médicales ont confirmé ce point, une restriction calorique est bénéfique pour une bonne santé. L’une des règles simples à appliquer est celles des 80 % : il faut arrêter de manger lorsqu’on a l’impression d’avoir rempli notre estomac à 80 % de ses capacités. Les Japonais appellent ce principe : « Hara Hachi Bu ». Mâcher une vingtaine de fois avant d’avaler chaque bouchée et se forcer à manger plus lentement vous permettra d’appliquer ce principe en plus de facilité votre digestion. La pratique du jeûne intermittent peut également contribuer à diminuer les apports caloriques dans une journée, à condition de ne pas chercher à compenser les repas sautés. A noter qu’en restriction calorique il est primordial de s’alimenter avec des aliments à haute valeur nutritionnelle (bons pour notre organisme, riches en vitamines et minéraux).
Manger varié : Une astuce simple à appliquer pour assurer une grande variété alimentaire est de se demander s’il y a suffisamment de couleur dans son assiette : est-ce que mon assiette ressemble à un arc en ciel ? Ce sont généralement les légumes, fruits ou légumineuses qui apportent la couleur dans les assiettes, alors n’hésitez pas à en faire les éléments principaux de votre alimentation.
Bouger naturellement : La vie moderne nous a facilité la vie grâce aux appareils connectés ou aux voitures mais cela s’est malheureusement fait au dépend de notre activité physique. Notre cerveau, pour des raisons d’économies d’énergie, trouve toujours la solution pour aller au plus simple et au plus facile. Il faut contrer cette tendance et essayer de faire plus d’efforts quotidiennement, comme marcher d’avantage et arrêter de prendre la voiture pour de petits trajets. L’activité physique à intensité faible ou modérée se cache derrière un grand nombre d’actions faciles à réaliser comme : jardiner ou cultiver des plantes, la marche ou le vélo, l’utilisation d’appareils manuels plutôt qu’électriques.
Réduisez le stress : Au travers d’activités spirituelles ou grâce encore à la sieste ou la méditation. Il est important de savoir prendre du temps pour soi et déconnecter de la frénésie du monde moderne. Le bruit est également une grande source de stress auquel nous ne faisons pas toujours attention. Réduisez les sources de bruits ou musiques quand cela est possible, et essayez d’écouter les petits bruits simples et apaisants de la nature. Vous verrez que cela est un remède efficace pour se calmer et se relaxer. Planifier d’être en avance aux rendez-vous qui ponctuent nos vies trépidantes peut significativement réduire notre stress : Pourquoi ne pas mentalement avancer tous nos rendez-vous de 10 minutes afin d’être tout le temps à l’heure et ne pas s’infliger un stress inutile ?
De bonnes relations sociales et familiales : Les liens amicaux et familiaux sont précieux, ne les négligeons pas. Ces moments de partage sont importants pour notre bien-être émotionnel. Trouver ou créer sa communauté et faire en sorte de la garder souder grâce aux moments de partages peut s’avérer être un exercice difficile mais il est pourtant tellement bénéfique pour notre santé. Elaborer des rituels, comme des repas à fréquence régulière ou des vacances, facilitera les échanges au fil du temps et les rendront plus naturels.
Trouver un sens à votre vie : Vivre longtemps c’est bien, mais pour quoi faire ? Ce point essentiel fera l’objet du prochain article… 😉
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Sources :
- Article « blues zones : Areas of exceptional longevity around the world » de Michel Poulain, Anne Herm et Gianni Pes
- The Blue Zones : nine lessons for living longer from the people who’ve lived the longest de Dan Buettner
- Ikigai de Héctor García & Francesc Miralles


