« Respirer » de James Nestor ou comment un simple livre peut vous ouvrir les yeux sur le pouvoir de la respiration
Cet article est né de la lecture du livre « Respirer » de James Nestor et a pour but de vous en partager les éléments importants. La respiration est un acte naturel et vital que chaque être humain est en mesure de réaliser dés son plus jeune âge. Dans son célèbre ouvrage, James Nestor éclaire l’impact inattendu mais puissant de la respiration sur notre santé globale : savez-vous qu’il existe une bonne manière de respirer ? En effet, la façon dont vous respirez induit l’activation de mécanismes dans votre organisme qui influent par la suite votre santé. Voici donc ce que nous allons découvrir dans cet article.
Les avantages de la respiration nasale
Avant de commencer, sachez qu’il existe deux manières de respirer, soit par la bouche (respiration buccale) soit par le nez (respiration nasale). Le nez est la partie de notre corps dont la fonction principale est de participer au processus de respiration, tandis que la bouche, bien qu’elle donne accès aux voies respiratoires est avant tout un organe servant la fonction digestive de notre organisme. C’est donc la respiration nasale qui est à privilégier et nous allons vous démontrer pourquoi.
L’oxyde nitrique, une molécule miracle
James Nestor a participé à une expérience à l’université de Stanford où il a respiré par la bouche pendant dix jours. Cette expérience a mis en évidence que la respiration buccale engendrait une dégradation nette, mais réversible, de notre santé (augmentation du stress, infection nasale, problème de sommeil, détérioration de l‘état général, diminution des performances physiques…). Il a donc par la suite cherché à comprendre quelles étaient les différences au niveau de notre organisme à l’origine de ce phénomène. L’une des explications seraient alors l’oxyde nitrique, une molécule produite lors de la respiration nasale, et pratiquement absente lors de la respiration buccale.
La respiration nasale n’est pas seulement un acte banal ; elle est un déclencheur biologique essentiel qui stimule la production d’oxyde nitrique dans les sinus paranasaux. Cette molécule apporte des bénéfices indéniables sur notre santé :
- C’est un vasodilatateur, augmentant le diamètre des vaisseaux sanguins, améliorant ainsi la circulation sanguine et l’oxygénation des cellules. Grâce à ces effets, la respiration nasale contribue significativement à la régulation de la pression artérielle, réduisant ainsi les risques associés à l’hypertension et aux maladies cardiovasculaires.
- De plus, l’oxyde nitrique possède des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, neutralisant les radicaux libres et protégeant nos tissus des dommages.
- L’oxyde nitrique joue un rôle dans le système immunitaire, aidant à combattre les infections.
- L’oxyde nitrique détend les muscles lisses, ce qui peut contribuer à une sensation de bien-être et à la réduction du stress
- L’oxyde nitrique a des effets sur la fonction sexuelle, en effet, le Viagra qui est un médicament contre les troubles de l’érection, agit en libérant de l’oxyde nitrique dans le sang. [1]
Comparée à la respiration buccale, qui ne produit pas d’oxyde nitrique [3], la respiration par le nez se distingue par sa puissance à favoriser un afflux optimal d’oxygène et de nutriments essentiels vers les muscles et les organes.
Optimiser ses performances physiques
La respiration nasale offre une multitude de bienfaits significatifs pour optimiser les performances physiques des sportifs. Tout d’abord, elle améliore considérablement l’oxygénation du corps, avec une augmentation de l’absorption d’oxygène d’environ 10-15% par rapport à la respiration buccale. Cette meilleure oxygénation du sang favorise la santé cardiovasculaire et augmente le niveau d’énergie, ce qui est crucial pour les efforts physiques soutenus. Par ailleurs, la respiration nasale multiplie par six le taux d’oxyde nitrique dans l’organisme, ce qui en plus des bienfaits listés dans le paragraphe précédent favorise une récupération musculaire plus rapide après l’effort grâce à l’activation du système nerveux parasympathique, acteur de la relaxation et de la récupération [4].
La respiration nasale augmente également la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) et le VO2 Max, deux facteurs essentiels pour mesurer et améliorer la performance sportive (lire notre article sur le sujet). Une fréquence respiratoire de 5,5 à 6 respirations par minute, plus facilement atteinte avec la respiration nasale, optimise la VFC, reflétant une meilleure capacité d’adaptation du corps au stress.
La respiration nasale permet un meilleur contrôle de l’intensité de l’effort et aide à gérer le rythme cardiaque. Le nez filtre, réchauffe et humidifie l’air inspiré, réduisant les risques d’irritation des voies respiratoires et favorise le maintien d’un effort constant sur la durée [2]. En intégrant progressivement la respiration nasale dans leur entraînement, les athlètes peuvent donc optimiser leur oxygénation, améliorer leur endurance, réduire leur stress et favoriser une meilleure récupération, autant d’éléments cruciaux pour atteindre des performances de haut niveau.
Les conséquences de la respiration buccale
Impact sur le sommeil
La respiration buccale, souvent sous-estimée, peut avoir des répercussions alarmantes sur la qualité de notre sommeil et, par extension, sur notre santé globale. En effet, l’une des conséquences les plus préoccupantes de cette habitude est l’augmentation du risque de développer des troubles respiratoires du sommeil, tels que l’apnée et l’hypopnée (réduction partielle du flux d’air pendant le sommeil). Ces perturbations nocturnes ne se contentent pas de troubler notre repos, mais dégradent significativement la qualité du sommeil, provoquant des réveils fréquents et un repos moins réparateur. De plus, le ronflement, plus fréquent chez ceux qui respirent par la bouche, ajoute une couche supplémentaire de perturbation, non seulement pour l’individu, mais aussi pour son entourage [5].
La fatigue diurne en est souvent une conséquence inévitable, entraînant des maux de tête, des troubles de la concentration, et même une irritabilité croissante.
À long terme, les conséquences peuvent être encore plus graves. Les personnes souffrant d’apnée du sommeil non traitée ont un risque accru d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, et même de dysfonctionnement métabolique, comme le diabète de type 2 et l’obésité. Ignorer ces signaux d’alarme peut mener à un déclin cognitif prématuré, voire à une réduction de l’espérance de vie. Il est donc crucial de prendre conscience des impacts potentiellement dévastateurs de la respiration buccale sur notre sommeil et d’adopter des stratégies de respiration plus saines pour préserver notre bien-être et notre vitalité.
Impact sur le développement de l’asthme
La respiration buccale peut avoir des conséquences alarmantes sur le développement et la gestion de l’asthme, affectant significativement notre santé globale. Lorsque l’air est inspiré par la bouche, il n’est ni réchauffé ni humidifié, ce qui peut irriter les voies respiratoires et exacerber les symptômes d’asthme existants. Cette pratique respiratoire augmente le risque de développer de l’asthme chez les enfants, adolescents et adultes, en raison de l’air froid et sec qui peut provoquer une hyperréactivité bronchique et enflammer les voies respiratoires [6].
Les impacts de la respiration buccale sur l’asthme sont multiples et préoccupants. Elle peut réduire l’efficacité des médicaments inhalés, aggravant ainsi les crises d’asthme et limitant la qualité de vie des patients. Les personnes souffrant d’asthme et respirant par la bouche peuvent éprouver une fatigue et un manque d’énergie chroniques, des troubles du sommeil, et une limitation de leurs activités quotidiennes et sportives. De plus, la respiration buccale est associée à un risque accru d’infections respiratoires, de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), et même à des complications cardiovasculaires telles que l’hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires [7].
Il est crucial de prendre conscience de l’existence de ces risques et d’adopter des pratiques respiratoires saines pour prévenir ou gérer l’asthme. La respiration nasale, qui permet de réchauffer et d’humidifier l’air, est essentielle pour maintenir des voies respiratoires saines et réduire les symptômes de l’asthme.
Impact sur l’hypertension
La respiration buccale, souvent considérée comme une habitude innocente, cache en réalité d’autres risques significatifs pour notre santé, notamment en ce qui concerne l’hypertension artérielle. Lorsque nous respirons par la bouche, nous perturbons l’équilibre délicat du système nerveux autonome, favorisant l’activation du système sympathique qui tend à augmenter la pression artérielle. Cette augmentation est exacerbée par la réduction de la production d’oxyde nitrique, qui, comme vu plus haut, est un vasodilatateur naturel essentiel pour maintenir des artères saines et flexibles, que la respiration nasale produit normalement.
De plus, nous avons vu que la respiration buccale est souvent associée à des troubles du sommeil tels que l’apnée du sommeil, ce qui peut encore accroître le risque d’hypertension. L’hypertension artérielle, surnommée le « tueur silencieux », peut causer des dommages importants et durables sans symptômes apparents pendant des années. Elle augmente le risque d’infarctus du myocarde, d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), et peut mener à une insuffisance cardiaque. Les lésions rénales, les problèmes oculaires tels que des lésions de la rétine, et les complications cérébrales comme la démence et les hémorragies intracrâniennes sont également des conséquences potentielles. Il est essentiel de prendre conscience de ces risques et de corriger la respiration buccale pour prévenir ces complications graves et préserver notre santé globale. Une prise en charge précoce, incluant le traitement de l’hypertension et la promotion d’une respiration nasale saine, est essentielle pour éviter les effets dévastateurs à long terme de l’hypertension artérielle. Ne sous-estimez pas le pouvoir de votre respiration ; elle peut être la clé pour une vie plus saine et plus longue.
Respirer de la bonne manière
Pour optimiser votre respiration et lutter contre la respiration buccale, il est essentiel d’intégrer des techniques de respiration lente et profonde, ainsi que de respiration en cohérence cardiaque dans votre routine quotidienne.
La respiration lente et profonde, caractérisée par un rythme optimal d’environ 6 respirations par minute, renforce le diaphragme et améliore la variabilité de la fréquence cardiaque. Cette méthode encourage naturellement une respiration nasale plutôt que buccale, réduisant ainsi le stress et l’anxiété induit à une respiration buccale.
La respiration en cohérence cardiaque qui consiste à synchroniser le rythme cardiaque avec la respiration, équilibre le système nerveux autonome et améliore la concentration et la clarté mentale. En pratiquant cette technique, vous pouvez dégager les voies nasales, augmenter la production d’oxyde nitrique, et rééduquer vos habitudes respiratoires vers une respiration nasale plus efficace. La cohérence cardiaque, en particulier, offre de nombreux bienfaits pour la santé, tels que la réduction du stress et de l’anxiété, l’amélioration de l’équilibre émotionnel, et la diminution du cortisol. Elle contribue également à réduire la tension artérielle, à améliorer la variabilité de la fréquence cardiaque, et à renforcer le système immunitaire. En pratiquant régulièrement la cohérence cardiaque, par exemple en suivant la méthode 3-6-5 (3 fois par jour, 6 respirations par minute, pendant 5 minutes), vous pouvez bénéficier de ces avantages à court et long terme, améliorant ainsi votre santé globale
Le rôle méconnu de l’alimentation dans la respiration nasale
Dans son expérience, l’auteur met en lumière un aspect souvent ignoré : l’alimentation a un rôle crucial dans la respiration nasale. Il observe que la forme et la taille de notre mâchoire influencent directement notre capacité à respirer par le nez, un phénomène renforcé par des études scientifiques et des constats historiques. En effet, avec la modernisation de notre alimentation – devenue plus molle et transformée – nos muscles masticatoires sont moins sollicités, ce qui entraîne un rétrécissement progressif de la mâchoire. Cette diminution de la structure mandibulaire affecte les voies respiratoires, en réduisant l’espace au niveau du palais et de la cavité nasale, et encourage la respiration par la bouche. Ainsi, en privilégiant des aliments plus durs et croquants, nous contribuons non seulement à la santé de notre mâchoire, mais aussi à une respiration plus efficace et bénéfique pour la santé globale.
La respiration nasale est accessible à tous !
Bien que la respiration buccale puisse entraîner des conséquences négatives telles que des perturbations du sommeil, une exacerbation de l’asthme ou l’aggravation de l’hypertension, il est réconfortant de savoir que des solutions sont à notre portée pour transformer ces défis en opportunités de mieux-être. Adopter des pratiques simples comme la rééducation respiratoire, la méditation ou l’utilisation de bandes nasales (lire le livre de James Nestor) peut favoriser une meilleure santé, en optimisant notre fonction respiratoire. Ces changements positifs démontrent que, malgré les obstacles, une respiration saine et équilibrée est un objectif accessible à tous, offrant ainsi une nouvelle perspective pleine d’espoir pour notre bien-être quotidien.
Merci d’avoir lu notre article ! Si vous avez des remarques, des questions, ou si un aspect particulier de cet article a suscité votre intérêt, n’hésitez surtout pas à nous en faire part dans les commentaires ci-dessous. Votre feedback est précieux car il va nous permettre de nous améliorer et de vous proposer des articles en fonction de vos attentes, vos besoins.
Sources :
[1] livre « Respirer » de James Nestor
[2] https://biotechusa.fr/blog/complements-alimentaire/oxyde-nitrique-proprietes-et-mode-daction/
[3] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/8564139/ (étude oxyde nitrique respiration nasale)
[4] https://www.fitness-world-nutrition.com/oxyde-nitrique
[5] https://edition.cnn.com/2020/08/20/health/how-to-stop-mouth-breathing-sleep-wellness/index.html
[6] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32430704/
[7] https://www.medicalnewstoday.com/articles/319487#diagnosis


