Plonger au coeur de la maladie d'Alzheimer
Maladie neurodégénérative,  Maladies du siècle

Déchiffrer les Secrets de la maladie d’Alzheimer

Comprendre les Mécanisme de la Maladie d'Alzheimer pour mieux la Combattre et Retarder son Apparition

La maladie d’Alzheimer, c’est quoi au juste ?

La maladie d’Alzheimer est l’une des causes de démence les plus fréquentes chez les personnes âgées. Le mot démence est un terme générique qui englobe l’ensemble des symptômes affectant la mémoire, la pensée, le comportement et les capacités de communication de manière suffisamment sévère pour interférer avec la vie quotidienne d’une personne. La démence n’est pas considérée comme une maladie spécifique mais est plutôt vue comme un syndrome résultant de diverses maladies.

Pour revenir à la maladie d’Alzheimer, il s’agit donc d’une maladie neurodégénérative, qui entraîne une détérioration progressive de certaines fonctions cognitives. Les principales caractéristiques de cette maladie sont :

  • La perte de mémoire: les personnes ont souvent des difficultés à se souvenir d’informations récentes et peuvent répéter les mêmes questions ou propos. La mémoire à court terme est impactée.
  • Confusion et désorientation: la perte de mémoire engendre la perte de capacité à se repérer dans un espace. Les personnes se perdent donc facilement, même dans des endroits connus. Par ailleurs, les personnes perdent également la capacité à reconnaitre des visages familiers.
  • Difficultés cognitives: les capacités de prise de décisions, de planification et de résolution de problèmes, sont affectées. Les tâches quotidiennes deviennent de plus en plus difficiles à accomplir.
  • Changement de comportement et d’humeur : les personnes peuvent présenter des changements d’humeur, devenir déprimées, anxieuses ou avoir des excès de colère sans raison apparente.
  • Détérioration des fonctions de langage : Les personnes peuvent avoir du mal à trouver les mots justes, à suivre et à participer à une conversation.

Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose sur une évaluation médicale comprenant des tests cognitifs, des examens d’imagerie cérébrale et une évaluation des antécédents médicaux. L’apparition de la maladie et des symptômes se fait de manière très lente et progressive. Il est donc parfois difficile de repérer les premiers signes de la maladie.

Les causes et facteurs de risques de la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer survient suite à la dégénérescence des neurones. Les premiers neurones affectés sont les neurones de l’hippocampe, affectant donc en premier la mémoire à court terme [1]. Ensuite, la dégénérescence se propage à tout du cerveau.

Des études ont mis en évidence les causes liées à la dégénérescence des neurones :

  • L’accumulation de peptide bêta amyloïde, des protéines naturellement présentes dans le cerveau, sous forme de plaques. On parle de plaques amyloïdes.
  • La modification de la protéine tau impliquée dans la structure des neurones du cerveau, entraînant la désorganisation des neurones et une accumulation de fibres à l’intérieur de ces derniers (dégénérescence neurofibrillaire) et leur mort.
Représentation imagées de l'accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau
illustration de l'accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau d'une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer

Zoom sur les facteurs de risques favorisant le développement de la maladie d’Alzheimer

L’origine exacte de ces causes et de la modification de notre métabolisme reste encore à déterminer et de nombreuses études sont en cours. Toutefois, des facteurs ont été identifiés comme contribuant à ce phénomène [2] :

Facteurs intrinsèques à l’individu :

    • L’âge avancé est le principal facteur de risque de développement de la maladie d’Alzheimer avec un risque qui double tous les 5 ans à partir de 65 ans [2].
    • Le genre : les femmes sont plus susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer que les hommes.
    • Les gènes et antécédents familiaux : le gène APOE-e4 [3] est connu pour augmenter le risque d’Alzheimer. De plus, certaines mutations peuvent causer des formes héréditaires de la maladie.

Facteurs environnementaux et mode de vie :

    • Santé cardiovasculaire : l’hypertension artérielle, le tabagisme, l’obésité, le taux de cholestérol élevé sont autant d’éléments impactant également notre santé cardiovasculaire mais également la bonne santé de nos neurones.
    • Les troubles du sommeil comme notamment l’apnée du sommeil sont des éléments favorisant le développement de la maladie.
    • L’inflammation chronique de l’organisme au travers du diabète de type 2 par exemple est un facteur de risque accru de la maladie d’Alzheimer. Cette maladie est parfois appelée diabète de type 3 (plus d’informations sur le diabète sur notre article dédié).
    • Une alimentation peu équilibrée et pauvre en anti-oxydants contribuerait au développement de la maladie.
    • Le manque d’activité physique régulière est également un facteur aggravant.
    • La faible interaction sociale et le manque de stimulation cognitive sont également des facteurs augmentant le risque de développer la maladie.

Par ailleurs, les personnes ayant subies des traumatismes crâniens, avec une perte de connaissance de quelques minutes, seraient plus susceptibles de développer précocement la maladie d’Alzheimer [2].

Alzheimer et les troubles du sommeil

Une étude française a cherché à analyser et à mettre en évidence le lien entre troubles du sommeil et l’accumulation de dépôts de protéines amyloïdes [4] : est-ce les troubles du sommeil qui sont à l’origine du développement de la maladie d’Alzheimer ou sont-ils uniquement une conséquence amplifiant le développement de cette maladie ?

Dans un premier temps, l’analyse du sommeil lent a permis de mettre en évidence la corrélation entre cette de phase de profonde récupération, qui, en cas de dérèglement, engendre une mauvaise élimination des déchets neuronaux et l’accumulation de protéines amyloïdes.

Par la suite, il s’avère que la phase de sommeil paradoxal (autre phase essentielle du cycle du sommeil, voir notre article sur le sujet) est également impliquée dans le processus complexe de développement de la maladie d’Alzheimer. En effet, au cours de cette phase, il a été observé que l’intensité des ondes caractérisant cette partie du sommeil était d’autant plus faible que les plaques amyloïdes étaient présentes. Ainsi, ces plaques auraient un impact sur notre sommeil paradoxal et viendraient notamment le perturber. Ces études ont également montré que l’impact sur le sommeil paradoxal apparaissait avant la dégradation du sommeil lent. Ainsi, surveiller la bonne santé de ces phases de sommeil paradoxal permettrait d’identifier les premiers signes d’un développement précoce de la maladie d’Alzheimer [4].

Pour résumer, le sommeil et Alzheimer c’est un peu comme l’histoire de l’œuf et de la poule, on ne sait pas lequel est arrivé en premier : le sommeil paradoxal est perturbé en premier par les plaques amyloïdes puis ensuite c’est le sommeil lent qui est perturbé à son tour favorisant ainsi la formation de ces plaques.

Retarder la dégénérescence des neurones

Des essais cliniques sont actuellement en cours, un peu partout dans le monde, et ont principalement pour but de limiter l’accumulation des plaques amyloïdes, de réduire la dégénérescence neurofibrillaire ou encore d’influencer l’expression du gène APOE-e4 [3].

Au-delà des essais cliniques, nous ne pouvons pas agir sur l’ensemble des facteurs contribuant au développement de la maladie mais nous pouvons tout de même en réduire leur nombre et ainsi tenter de retarder de manière naturelle l’apparition de cette maladie. Car, en effet, tout l’enjeu est là : pour gagner des années de vie en bonne santé et rester autonome et en pleine possession de ses moyens, retarder la démence est la clé !

Ainsi, les actions recommandées par l’OMS [1] pour lutter contre le déclin cognitif et la démence sont :

  • La pratique d’une activité physique régulière
  • Une alimentation saine favorisant le contrôle de son poids ainsi qu’un taux de cholestérol, une glycémie et un pression artérielle correct.
  • Limiter les toxines liées à la consommation de tabac ou d’alcool de manière excessive.

Merci d’avoir lu notre article ! Si vous avez des remarques, des questions, ou si un aspect particulier de cet article a suscité votre intérêt, n’hésitez surtout pas à nous en faire part dans les commentaires ci-dessous. Votre feedback est précieux car il va nous permettre de nous améliorer et de vous proposer des articles en fonction de vos attentes, vos besoins.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *